Bruxelles, 10 août 2026 (ACP).- La dame de 107 ans, décédée le 21 juillet dans un home de vieillards de la commune de Kintambo, à Kinshasa, n’est pas la personne chantée par Antoine Wendo Kolosoy, un des pionniers de la Rumba en République
démocratique du Congo (RDC), et n’a aucun lien de parenté avec le guitariste Henri Bowane, a précisé samedi auprès de l’ACP, en Belgique, Mme Marie-Louise Amba Ifota.
L’entretien – en lingala – avec l’ACP, a eu lieu à son domicile à Athus, une localité du « pays d’Arlon », en Belgique. « Pourquoi les gens sont devenus comme ça, mentir pour de l’argent ? Je ne connais pas cette femme et elle ne me connaît pas. Nous ne nous connaissons pas », a déclaré la petite sœur d’Henri Bowane wa Mayani et que Wendo a immortalisée dans sa célèbre chanson « Marie-Louise », composée en 1948 à Coquilhatville, actuelle Mbandaka. En effet, le samedi 1er août, le ministère des Affaires sociales a annoncé, dans un communiqué, « le décès le 21 juillet dernier à l’âge de 107 ans de Mme Marie-Louise Ilomba Ekanga», que la source présente comme « la muse et la bien-aimée de l’artiste musicien Wendo Kolosoy et aussi la sœur du guitariste Henri Bowane ». Le 4 août, un membre de la famille de « la vraie muse » et journaliste de son état, a réagi dans un article publié sur le site « Congoindependant.com », estimant que l’histoire de la dame décédée à Kinshasa n’est ni plus, ni moins qu’une « imposture ». Le journaliste Baudouin Amba Wetshi, résidant en Belgique, a précisé que « la Marie-Louise » immortalisée en 1948 par le chanteur Wendo en hommage à la sœur de son ami Henri Bowane, est bien vivante et réside en Belgique, où elle est arrivée en août 2019 et a obtenu un permis de séjour humanitaire pour raisons de santé. A cause de cette controverse, le bureau bruxellois de l’ACP s’est rendu à Athus, à l’extrême-sud de la Belgique dans la province de Luxembourg, à plus de 200 km de
Bruxelles, en vue de rencontrer celle qui est présentée comme la véritable muse du célèbre artiste congolais. Mme Amba Ifota dit
ne pas savoir comment le batelier Wendo et Henri Bowane, chauffeur chez un ressortissant portugais à Coquilhatville (actuellement Mbandaka) et guitariste à ses heures perdues, se sont rencontrés. Elle explique qu’« au cours de ses déplacements en tant que batelier à l’Office de transport au Congo (Otraco), Wendo venait souvent rendre visite à son ami et guitariste Henri Bowane au domicile familial à Coquilhatville. « C’est bien moi Marie-Louise Amba Ifota, la petite-sœur de Bowane, qui rendait service chaque fois qu’ils exprimaient un certain besoin. Et en reconnaissance, Wendo a eu l’idée de composer cette chanson
mythique », a-t-elle raconté. Mme Amba, âgée aujourd’hui de 95 ans, a été enseignante à l’école des Sœurs dans la grande ville de la province de l’Équateur. « Je donnais mes cours en lingala », a-t-elle précisé. Au début des années 1960, « quand Tshombe est arrivé au pouvoir » (1964-1965, NDLR), Mme Amba a accompagné à Léopoldville (Kinshasa) son mari, Jean Lonkita, agent de l’Otraco, aujourd’hui Onatra. Ils ont habité sur l’avenue Maluku n°D43 au Camp Olsen de l’Otraco, dans la commune de
Barumbu, a-t-elle détaillé.