
La République démocratique du Congo (RDC) et ses partenaires poursuivent leur lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, qui reste active dans plusieurs provinces du pays. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Africa CDC appellent à un renforcement urgent des interventions. Dans le même temps, de nouvelles avancées scientifiques nourrissent l’espoir de disposer prochainement d’un vaccin efficace contre la souche Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle.
Une transmission toujours active dans cinq provinces
Selon le point de situation publié le 10 août par le Gouvernement congolais et arrêté à la date du 8 août 2026, l’épidémie continue d’affecter cinq provinces :
- le Haut-Uele
- l’Ituri
- le Nord-Kivu
- le Sud-Kivu
- la Tshopo.
L’épidémie concerne actuellement 53 zones de santé sur 140 ainsi que 246 aires de santé. La transmission demeure active en Ituri, au Nord-Kivu et au Haut-Uele ; l’Ituri restant l’épicentre de l’épidémie.
Le rapport fait état de 4 294 cas confirmés depuis le début de l’épidémie. Parmi eux, figurent 722 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 849 personnes ont été guéries. Le nombre de décès enregistrés s’élève à 1 960, soit un taux de létalité de 45,6 %. Les autorités indiquent par ailleurs que le taux de suivi des contacts atteint 84,6 %.
Une évolution encourageante est toutefois observée au Sud-Kivu, où 73 jours se sont écoulés sans l’enregistrement d’un nouveau cas confirmé.
L’OMS préoccupée par la vitesse de propagation du virus
Malgré les progrès enregistrés dans plusieurs domaines de la riposte, l’OMS estime que la dynamique de l’épidémie demeure préoccupante.
« Des progrès ont été faits contre Ebola en RDC, mais le virus avance plus vite. Nous devons agir davantage, et nous le ferons. Avec nos partenaires et le Gouvernement de la RDC, une action urgente et collective est indispensable pour mettre fin à cette épidémie », a déclaré le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Dr Mohamed Janabi.
Le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a également averti que l’épidémie causée par la souche Bundibugyo progresse actuellement plus rapidement que la riposte déployée sur le terrain.
« L’épidémie d’Ebola Bundibugyo en RDC progresse plus rapidement que notre riposte, ce qui rend impératif un renforcement rapide de tous les volets de notre action pour la contenir », a-t-il indiqué.
Ces constats font suite à une mission conjointe de haut niveau menée par l’OMS et Africa CDC en Ouganda et en RDC les 4 et 5 août.
La délégation, conduite par Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Dr Jean Kaseya, Directeur général d’Africa CDC, et Dr Mohamed Janabi, avait pour objectif de tirer les enseignements de l’expérience ougandaise dans la maîtrise de la transmission locale de la maladie, tout en évaluant les défis rencontrés en RDC.
À Bunia, l’épicentre de l’épidémie, les responsables internationaux ont examiné les difficultés opérationnelles auxquelles sont confrontées les équipes de terrain. La mission visait également à recueillir les préoccupations des communautés touchées et des agents de santé de première ligne.
Les conclusions de cette évaluation ont ensuite été portées à l’attention des autorités nationales lors d’échanges organisés à Kinshasa. L’OMS et Africa CDC plaident notamment pour un renforcement de la détection précoce des cas, du suivi des contacts, de l’accès aux soins, du soutien au personnel de santé ainsi que de l’acheminement rapide des ressources vers les zones affectées.
Un espoir du côté de la recherche vaccinale
Parallèlement aux efforts de riposte, des avancées significatives sont enregistrées dans la recherche d’un vaccin contre la souche Bundibugyo.
Réuni vendredi 7 aout, le groupe consultatif technique de l’OMS sur la recherche vaccinale a examiné de nouvelles données concernant Ervebo, actuellement le seul vaccin homologué contre la maladie à virus Ebola.
À la lumière des informations disponibles et en l’absence de problème de sécurité identifié, les experts recommandent que ce vaccin soit prioritairement évalué dans le cadre d’un essai clinique en RDC pendant l’épidémie en cours.
L’OMS et ses partenaires travaillent désormais à la mise en œuvre rapide de cet essai, qui pourrait constituer une étape majeure vers une utilisation élargie du vaccin, sous réserve que son efficacité contre la souche Bundibugyo soit démontrée, a affirmé l’organisation.
Une stratégie de vaccination en anneau envisagée
Pour accélérer la collecte des données scientifiques nécessaires aux futures décisions de santé publique, l’OMS recommande de recourir à une stratégie de vaccination en anneau lors de l’essai clinique.
Cette approche consiste à vacciner, durant l’essai clinique, les personnes ayant été en contact avec un cas confirmé ainsi que leurs contacts proches, afin de créer une barrière de protection autour des foyers de transmission. Cette méthode a déjà été utilisée lors de précédentes flambées d’Ebola.
L’organisation insiste également sur l’importance de la participation des communautés concernées. Selon elle, l’adhésion des populations sera déterminante pour favoriser l’acceptation du vaccin lors de cet essai clinique et assurer le bon déroulement de l’étude.
Alors que l’épidémie demeure active dans plusieurs provinces de la RDC, les autorités sanitaires, l’OMS et leurs partenaires misent ainsi sur un double levier : le renforcement immédiat de la riposte sur le terrain et l’accélération de la recherche vaccinale, dans l’espoir de mieux contrôler la propagation du virus et de sauver davantage de vies.