Publié le dim, 16/08/2026 - 05:30 | Modifié le dim, 16/08/2026 - 05:30

À Butembo, épicentre de l’épidémie d’Ebola au Nord-Kivu, des familles récupèrent et manipulent parfois les corps de personnes suspectées d’être mortes du virus avant l’arrivée des équipes chargées des enterrements sécurisés. Une pratique à haut risque qui pourrait favoriser la transmission de la maladie. Face à cette situation, l’évêque du diocèse de Butembo-Beni, Monseigneur Melchisédech Sikuli Paluku, appelle les familles à la responsabilité.

Dans la ville de Butembo, les équipes chargées des enterrements sécurisés se heurtent encore à la résistance de certaines familles. Des proches récupèrent ou manipulent les corps de personnes suspectées d’être mortes d’Ebola, parfois avant même l’arrivée des équipes sanitaires.

Cette pratique fait courir un risque supplémentaire de transmission du virus. Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech invite les familles à mesurer les conséquences de ces gestes :

« Qu'est-ce qu'ils cherchent avec les corps ? Qu'est-ce qu'on veut avoir ? Il serait plus cohérent si, après cela, ils restent dans leur maison et qu'ils n'aillent pas dans les familles amener la maladie là-bas. Parce qu'à le toucher, ils savent, ils devraient savoir qu'ils vont mourir ou au moins qu'ils se mettent à un grand risque. C'est une atteinte, je dirais, à la vie humaine. Parce qu'on vous dit que c'est dangereux et vous, vous y allez en sachant que cela peut vous tuer et tuer d'autres aussi. Qu'on soit responsable, qu'on soit conscient du danger qu'il y a et qu'on n'expose pas la communauté à une épidémie qui (qui a tué plusieurs) personnes. »

Au-delà du refus des enterrements sécurisés, les équipes de riposte redoutent surtout que la manipulation des corps ne relance la chaîne de transmission du virus au sein des familles et dans la communauté.

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