La République démocratique du Congo doit mettre les bouchées doubles pour transformer les financements obtenus auprès de ses partenaires extérieurs en projets effectivement exécutés.
Sur un portefeuille actif évalué à 10,7 milliards USD, seulement 24,3 % des ressources engagées ont été décaissées.
Le constat ressort de l’analyse de l’Inspection générale des finances (IGF) présentée au Chef de l’État, Félix Tshisekedi, lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des Ministres, tenue le vendredi 14 août 2026.
Concrètement, 8,3 milliards USD restent encore disponibles. Ces ressources sont destinées à financer différents projets de développement, mais leur décaissement demeure lent.
Pour le Gouvernement, le problème ne réside donc plus uniquement dans la mobilisation de nouveaux financements. L’enjeu est désormais d’améliorer la capacité des administrations à utiliser les ressources déjà obtenues.
Plusieurs facteurs expliquent cette faible absorption. Il s’agit notamment des lourdeurs administratives, des retards dans la mobilisation des fonds de contrepartie, de certaines procédures jugées longues ainsi que des insuffisances dans le pilotage des projets.
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a demandé à la Première Ministre, Judith Suminwa, de mettre en place un plan de redressement destiné à accélérer les décaissements.
Les ministères du Budget, du Plan et des Finances devront notamment veiller à la disponibilité des contreparties nationales, simplifier certaines procédures et renforcer leur digitalisation.
Le dispositif envisagé prévoit également un mécanisme permanent de suivi interministériel. Un tableau de bord national devrait permettre de suivre, pour chaque projet, les fonds déjà décaissés, le niveau d’exécution, les difficultés rencontrées ainsi que les mesures correctives engagées.
L’IGF devra parallèlement poursuivre son travail d’évaluation et d’alerte.
Avec un taux de décaissement limité à 24,3 %, la RDC fait ainsi face à un défi d’absorption des financements extérieurs.
L’objectif est désormais de convertir plus rapidement les ressources disponibles en infrastructures, services publics et investissements susceptibles de produire un impact économique et social.
Flory MUSISWA