Le Gouvernement congolais présente désormais les processus de Washington, de Doha et le dialogue national envisagé par le Président Félix Tshisekedi comme trois composantes d’une même stratégie de sortie de crise.
Le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, l’a expliqué le lundi 17 août 2026 à Kinshasa, lors d’un briefing de presse consacré notamment aux questions sécuritaires.
Dans sa lecture, Washington et Doha répondent d’abord à la dimension sécuritaire et diplomatique de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le dialogue interne doit, lui, renforcer la cohésion politique à l’intérieur du pays.
Pour Patrick Muyaya, l’accord conclu à Washington a permis d’inscrire parmi les priorités la souveraineté de la RDC, son intégrité territoriale ainsi que les lignes rouges défendues par Kinshasa.
Il estime également que ce cadre donne aux médiateurs américains des moyens de pression supplémentaires pour pousser les parties à respecter leurs engagements.
Le processus de Doha poursuit une autre finalité : faire évoluer la situation avec les groupes armés et créer les conditions d’une sortie progressive de la logique militaire.
À ces deux mécanismes externes, le Gouvernement veut donc adosser un troisième niveau, essentiellement politique.
« Nous voulons dialoguer ensemble pour créer un front commun contre l’agression », a déclaré Patrick Muyaya.
Le Porte-parole du Gouvernement pose toutefois une limite coriace.
Selon lui, le dialogue national ne devrait pas servir de tribune à des acteurs congolais venant défendre des positions considérées comme favorables au Rwanda.
L’objectif affiché est plutôt de permettre aux forces politiques et sociales congolaises de discuter des divergences internes, tout en conservant un socle commun autour de la défense de l’intégrité territoriale.
Patrick Muyaya souligne également que l’inclusivité reste recherchée.
Le Gouvernement entend notamment travailler avec les confessions religieuses afin de définir les modalités d’une participation plus large.
À travers cette articulation, le Ministre présente donc le dialogue national non comme un processus concurrent de Washington ou de Doha, mais comme leur complément politique interne.
Kinshasa veut ainsi combiner pression diplomatique, réponse sécuritaire et cohésion nationale autour d’une même trajectoire stratégique, creuset d’un lendemain sécuritaire ambitieux.
Flory MUSISWA