Les rues de la cité de Kasongolunda étaient envahies lundi. Dès l’aube, la population, au rythme des chants, a pris d'assaut les grandes artères afin de protester contre les conditions de vie difficiles dans ce coin de la province du Kwango. L’accès à l'eau, à l'électricité, aux soins de santé, au salaire est très difficile dans un territoire où relier les quatre coins relève d'un véritable parcours du combattant.

« ANSER, ANSER, ANSER, vient parachever les travaux d'électrification, nous voulons la mécanisation des agents et fonctionnaires de l'État œuvrant à Kasongolunda », c'est parmi les messages à lire sur les calicots exhibés par les manifestants.

Dans leur mémorandum, les manifestants ont relevé que « la consommation des eaux des ruisseaux est à la base de nombreuses maladies hydriques dont souffre la population » de cette zone touchée, notamment par le choléra. Les manifestants ont déploré l'absence d'accompagnement des pouvoirs publics pour éradiquer cette épidémie qui a fait des morts dans cette zone de santé. Jusqu'en début août courant, la zone avait enregistré 256 cas contre 25 décès, avec pour facteur l'accès difficile à l'eau potable.

À Kasongolunda, les routes sont en terre battue. Les plus longues et principales qui relient Popokabaka à Kasongolunda, Kenge à Panzi sont impraticables. Les travaux de réhabilitation lancés sont inachevés depuis « 2023 ». De même pour les ponts jetés sur les rivières Kimona et Nganga qui sont dans un état piteux.

À Kasongolunda, ANSER avait amorcé le projet d'électrification à base de centrales photovoltaïques. Les manifestants ont exigé « la fin des travaux de la centrale et d'éclairage public ».

À Kasongolunda, percevoir son salaire est un véritable calvaire. Les agents et fonctionnaires de l'État cumulent actuellement plus de « 6 mois d'arriérés » de salaire.

La manifestation s'est soldée par la remise d'un mémorandum à l'administrateur du territoire.

Kasongolunda est l'un des plus vastes territoires de la République démocratique du Congo. Il partage une longue frontière avec l'Angola et demeure parmi les territoires les moins développés du pays, notamment en raison de son enclavement.

Jonathan Mesa