mar 08/09/2026 - 13:50
Interrogée lundi soir sur le Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur son appartenance à une plateforme dont le président, Joseph Kabila, a été condamné à mort par la Haute Cour militaire congolaise et visé par des sanctions américaines pour soutien allégué à la rébellion AFC/M23 dans l'Est du pays, Marie Ange Mushobekwa a longuement défendu son engagement au sein du Front commun pour le Congo (FCC) et vivement critiqué le déroulement du procès de son leader.
Membre fondatrice du FCC, plateforme créée le 7 juin 2018 à Kinshasa, Mme Mushobekwa a rappelé avoir participé à la rédaction et à la signature de sa charte fondatrice. Elle a affirmé avoir fait le choix, en 2020, de rester au sein du FCC après la rupture de la coalition FCC-CACH avec Félix Tshisekedi, qualifiant cette décision de « mûrement réfléchie » et affirmant qu'elle reflétait le même choix aujourd'hui. Elle a décrit le FCC comme une plateforme « républicaine et démocratique » et Joseph Kabila comme « un homme de paix » qui, selon elle, n'appartient à aucun mouvement rebelle, une position déjà défendue par le cabinet de l'ancien chef de l'État à plusieurs reprises.
Répondant ensuite sur la condamnation à mort prononcée par la justice militaire congolaise, Mme Mushobekwa s'est dit « choquée » et « déçue » du déroulement du procès, qu'elle a jugé contraire au principe du contradictoire garanti par le code pénal congolais. Elle a pointé plusieurs éléments qu'elle considère comme des irrégularités : la levée de l'immunité parlementaire de Joseph Kabila au Sénat, obtenue selon elle en violation du règlement intérieur de l'institution, l'absence de comparution de l'accusé devant la Haute Cour militaire, des éléments de preuve présentés par le ministère public reposant, selon elle, essentiellement sur des publications issues des réseaux sociaux, des propos tenus par des avocats de l'État qu'elle a qualifiés d'insultants, allant jusqu'à contester la filiation et la nationalité de Joseph Kabila.
Sur les sanctions américaines visant l'ancien président, Mme Mushobekwa les a qualifiées d'« injustes », exprimant l'espoir qu'elles soient reconsidérées.