
Les réactions continuent de se multiplier à Bukavu, ville sous contrôle de l’AFC-M23, après la mort de 29 enfants survenue jeudi 10 septembre 2026 sur l’avenue Kasheke. Ce bilan encore provisoire émane des sources hospitalières. Le drame s’est produit lors d’une bousculade d’élèves dans les écoles primaires Furaha et Ujamaa pendant un incendie.
Les corps d’une vingtaine d’élèves sont gardés à la morgue de l’Hôpital général de Bukavu et d’autres aux Cliniques universitaires. D’autres élèves, victimes d’asphyxie, sont pris en charge dans plusieurs hôpitaux de la région.
Selon la société civile, le feu serait parti d’une maison d’habitation avant de se propager aux complexes scolaires primaires Furaha et Ujamaa. Près d’une cinquantaine de maisons auraient également été réduites en cendres, selon des notables locaux.
Absence de mesures préventives
Tandis que le gouvernement provincial du Sud-Kivu dénonce une gestion défaillante des incendies dans la région, plusieurs acteurs de la société civile évoquent un manque d’anticipation collective et appellent au respect des normes d’urbanisme et d’habitat.
Parmi les premières réactions, le gouvernement provincial du Sud-Kivu regrette l’absence de mesures préventives ; alors que des milliers de maisons ont été détruites par des incendies au cours des deux dernières semaines à Bukavu.
Dans un communiqué, son porte-parole, Didier Kabi, dénonce notamment la perception de taxes auprès de la population sans qu’un dispositif de protection efficace ne soit mis en place en contrepartie.
Pour Sylvano Safari, coordinateur de la Dynamique des acteurs pour les questions de la patrie, ce drame met en évidence les limites de l’action publique en matière de prévention. Selon lui, le rôle de l’État ne doit pas se limiter à intervenir après les catastrophes, mais consiste surtout à faire respecter les règles établies et à veiller à leur application.
Il estime que l’action des pouvoirs publics doit être à la fois ferme, préventive et réaliste afin d’éviter la répétition de telles tragédies.
Appel au renforcement des mécanismes de protection
De son côté, Romuald Lwamba, membre du Parlement citoyen pour la bonne gouvernance et la paix, plaide pour un renforcement des mécanismes de protection de la population. Il préconise une approche inclusive associant les habitants et les autorités locales de proximité.
Selon lui, cette démarche passe notamment par la mise à disposition de moyens conséquents pour la lutte contre les incendies, notamment le renforcement des équipes d’intervention spécialisées.
Lors de l’incendie survenu jeudi, la ville de Bukavu a dû faire appel au service anti-incendie du Rwanda voisin pour intervenir sur les lieux du sinistre. La ville ne dispose pas d’engins adaptés pour faire face à une telle situation d’urgence.
Alors que l’émotion reste vive au sein de la population locale, de nombreuses voix appellent désormais les autorités à tirer les leçons de cette tragédie afin de renforcer les capacités de prévention et d’intervention face aux incendies dans la ville.