Le gouvernement congolais alerte sur une nouvelle montée des attaques attribuées aux miliciens Maï-Maï dans l’espace Grand Katanga. Les territoires de Malemba-Nkulu, dans le Haut-Lomami, et de Mitwaba, dans le Haut-Katanga, sont particulièrement concernés. Cette situation intervient alors que les autorités provinciales intensifient les appels à la collaboration entre les FARDC et la population. Le phénomène Maï-Maï demeure une préoccupation sécuritaire dans l’espace Grand Katanga. Dans le compte rendu du Conseil des ministres du vendredi 11 septembre 2026, le gouvernement congolais a fait état d’une résurgence des attaques des miliciens Maï-Maï dans plusieurs zones de cette partie du pays.
Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, les incidents signalés concernent notamment le village de Kyamona, dans le territoire de Malemba-Nkulu, au Haut-Lomami, et le village de Kisanji, dans le territoire de Mitwaba, dans le Haut-Katanga.
« ...Par ailleurs, il a fait état de la résurgence des attaques des miliciens Maï-Maï dans l’espace Grand Katanga, précisément au village Kyamona, dans le territoire de Malemba Nkulu et au village Kisanji dans le territoire de Mitwaba », a indiqué Patrick Muyaya.
Cette alerte du gouvernement intervient dans un contexte de regain d’activisme de ces groupes armés dans plusieurs zones rurales du Grand Katanga.
À Mitwaba, l’armée appelée à renforcer ses liens avec la population
Dans le Haut-Katanga, la situation à Mitwaba fait l’objet d’une attention particulière des autorités provinciales. Le gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula, s’est rendu récemment dans ce territoire pour rencontrer les éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les encourager dans leur mission de sécurisation.
Face aux militaires, le chef de l’exécutif provincial a salué leur engagement et les a encouragés à poursuivre les opérations visant à neutraliser les poches d’insécurité.
Mais au-delà de l’action militaire, Martin Kazembe insiste sur la nécessité de restaurer la confiance entre les forces de sécurité et les habitants.
« Je vous demande juste la discipline, assurer une bonne cohabitation avec la population, vous devez vivre en harmonie totale, recréer la confiance avec la population de Mitwaba, parce que l’ennemi est confondu dans la population », a-t-il déclaré.
Pour le gouverneur intérimaire, la lutte contre l’insécurité ne peut donc pas reposer uniquement sur les opérations militaires. Le renseignement fourni par les habitants et la collaboration avec les forces de défense et de sécurité constituent également un enjeu majeur.
Cette problématique est d’autant plus sensible que Mitwaba a déjà été confronté à plusieurs attaques attribuées aux Maï-Maï. Début août, une incursion contre un cantonnement militaire avait notamment fait plusieurs morts, selon les sources locales et médiatiques.
Malemba-Nkulu, un territoire marqué par l'activisme Maï-Maï
Dans le Haut-Lomami, le territoire de Malemba-Nkulu n'est pas non plus étranger à cette menace. L'activisme de groupes Maï-Maï y est signalé depuis plusieurs années, avec des périodes de forte présence et de pression sur les populations. En mai 2024, des autorités locales avaient déjà alerté sur la présence de miliciens Maï-Maï dans plusieurs zones du territoire. Des combattants associés à la mouvance de feu le seigneur de guerre Makabé étaient notamment accusés d'imposer leur loi dans certaines localités.
Plus récemment, les FARDC ont également été confrontées à des attaques attribuées aux Maï-Maï dans d'autres territoires du Grand Katanga. En juillet 2026, une attaque à Bukama, dans le Haut-Lomami, avait ainsi été repoussée par l'armée. Les assaillants étaient présentés comme des Maï-Maï sortis du parc national de l'Upemba.
Ces différents épisodes montrent que l'activisme Maï-Maï ne se limite pas à une seule zone. Il s'étend par épisodes à plusieurs territoires du Grand Katanga, notamment dans des espaces ruraux et proches des zones forestières.
Une menace qui reste sous surveillance
La résurgence signalée à Kyamona et Kisanji rappelle ainsi la persistance des poches d'insécurité dans cette partie du pays, alors que les autorités provinciales et l'armée cherchent à reprendre durablement le contrôle des zones affectées.
José Mukendi