Le commerce entre la Chine et l’Afrique continue de progresser, mais le déséquilibre se creuse. Entre janvier et août 2026, le déficit commercial africain vis-à-vis de Pékin a atteint 80,07 milliards USD, en hausse de 34,48 % sur un an, d’après les données de l’Administration générale des douanes chinoises.

Sur les huit premiers mois de l’année, les exportations chinoises vers l’Afrique ont augmenté de 25,8 %, pour atteindre 177 milliards USD.

Dans le même temps, les importations chinoises en provenance du continent ont progressé de 19 %, à 96,93 milliards USD. Au total, les échanges sino-africains se sont élevés à 273,94 milliards USD.

Cette progression intervient alors que Pékin réoriente une partie de ses exportations vers les marchés du Sud global.

La montée des barrières commerciales aux États-Unis et en Europe, combinée aux surcapacités de plusieurs industries chinoises, pousse l’Empire du Milieu à renforcer ses débouchés en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.

Mais la structure des échanges reste largement défavorable au continent africain. L’Afrique exporte principalement des minerais, des hydrocarbures et des produits agricoles peu transformés, tandis qu’elle importe de Chine des machines, des équipements, des produits électroniques et d’autres biens manufacturés à plus forte valeur ajoutée.

Cette relation commerciale s’inscrit aussi dans une compétition géoéconomique plus large.

À travers les Nouvelles routes de la soie, la Chine a consolidé son influence dans les infrastructures, les chemins de fer, les ports et les corridors reliant plusieurs bassins miniers africains aux marchés internationaux.

Face à cette présence, les États-Unis accélèrent leur retour sur le continent, notamment autour du corridor de Lobito, appelé à connecter les zones productrices de cuivre et de cobalt de la RDC et de la Zambie à l’océan Atlantique.

La rivalité entre Washington et Pékin se joue donc de plus en plus autour des minerais critiques, mais aussi des infrastructures permettant de les évacuer.

Pour les économies africaines, l’enjeu reste de transformer cette compétition en investissements industriels, en transformation locale et en création de valeur sur le continent.

Flory MUSISWA