Les autorités sanitaires congolaises veulent appliquer dans le Sud-Ubangi la stratégie de riposte utilisée dans la Tshopo et le Bas-Uélé, après la confirmation d’un cas importé d’Ebola dans cette province du nord-ouest de la RDC, a annoncé le ministre de la Santé, Roger Kamba.
Cette stratégie repose sur la rapidité du diagnostic, la prise en charge précoce des malades, le traitement des contacts les plus exposés et la vaccination autour des cas.
« Au Sud-Ubangi, nous allons faire exactement ce que nous avons fait dans la Tshopo », a déclaré Roger Kamba.
Selon le ministre, un seul malade restait hospitalisé dans la Tshopo après deux mois de riposte. Trois patients arrivés tardivement dans les structures de soins sont morts, tandis que dix autres, pris en charge à temps, ont été soignés.
Roger Kamba affirme également que les contacts considérés comme présentant un risque élevé ont reçu un traitement et qu’aucun d’entre eux n’a ensuite été contaminé.
Dans le Bas-Uélé, le ministre assure qu’il ne reste actuellement aucun cas. Il n’a toutefois pas fourni d’autres données sur la situation dans cette province.
Le gouvernement entend désormais reproduire cette méthode dans le Sud-Ubangi, où un homme de 23 ans est mort après un voyage commencé à Kamanyola, dans le Sud-Kivu. Le jeune homme avait traversé le Rwanda et l’Ouganda avant de rentrer en RDC par l’Ituri, puis de passer par Bunia, Kisangani et Lisala.
Les symptômes sont apparus alors qu’il voyageait à bord d’un bateau venant de Lisala, selon le ministre. Arrivé dans le Sud-Ubangi le 3 septembre, il est décédé deux jours plus tard dans un centre de santé.
Le prélèvement effectué sur le malade a été analysé par l’Institut national de recherche biomédicale, à Kinshasa. Le diagnostic a été obtenu en deux jours et l’inhumation a été réalisée de manière sécurisée, a précisé Roger Kamba.
Une équipe a été envoyée par avion dans le Sud-Ubangi avec des médicaments et plus de 300 doses de vaccin. Elle doit assurer le suivi des contacts, administrer les traitements nécessaires et procéder aux vaccinations jugées utiles.
Les autorités affirment connaître « pratiquement tous les contacts » du malade, notamment les personnes qui l’ont soigné et celles qui voyageaient avec lui sur le bateau.
Pour Roger Kamba, la principale leçon tirée de la Tshopo est l’importance d’une intervention précoce. Le ministre estime que la même stratégie peut permettre de contenir rapidement le risque de propagation dans le Sud-Ubangi.
Il a néanmoins souligné qu’aucune transmission locale n’avait encore été établie dans cette province. « C’est un cas importé », a-t-il insisté.