Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a examiné et adopté le Projet de loi portant reddition des comptes de la Loi de finances n°24/011 du 20 décembre 2024 pour l’exercice 2025, telle que modifiée par la Loi de finances rectificative n°25/044 du 28 juin 2025. Cette adoption fait suite à sa soumission au Conseil des ministres par le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, qui en a présenté les principaux résultats à la clôture de l’exercice budgétaire 2025.

Selon les données présentées au Conseil et reprises dans le compte rendu de la 98e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 11 septembre 2026 à Kinshasa, les recettes du Budget du Pouvoir central ont atteint 40 559,66 milliards de francs congolais, soit un taux de réalisation de 80,01 % des prévisions. S’agissant des recettes internes, elles ont été mobilisées à hauteur de 27 849,49 milliards de FC, soit près de 91 % des prévisions.

D’après l’argentier national, ce niveau de réalisation est principalement attribuable aux résultats enregistrés par les régies financières, notamment les recettes des impôts, hors recettes pétrolières et minières, qui se sont établies à 9 996,86 milliards de FC, soit un taux de réalisation de 117,28 %. Les recettes des douanes et accises, hors recettes minières, ont atteint 4 892,69 milliards de FC, pour un taux de réalisation de 123,23 %. Les recettes non fiscales encadrées par la DGRAD, hors recettes pétrolières et minières, se sont, quant à elles, élevées à 2 655,81 milliards de FC, soit un taux de réalisation de 105,83 %.

« Ces performances, toutes supérieures aux assignations initiales, témoignent des efforts soutenus du Gouvernement en matière de mobilisation des ressources intérieures en dépit d'un contexte économique et sécuritaire particulièrement contraignant »,  renseigne le compte rendu de la réunion.

Concernant les dépenses du Pouvoir central, Doudou Fwamba révèle qu’elles ont été exécutées à hauteur de 40 661,41 milliards de FC, soit un taux d’exécution de 80,21 %. En termes de résultats, précise-t-il, le Budget général accuse un déficit de 1 000,12 milliards de FC, tandis que les Budgets annexes et les Comptes spéciaux dégagent respectivement des excédents de 49,48 milliards de FC et 848,89 milliards de FC.

« Après consolidation de l'ensemble des opérations budgétaires du Pouvoir central, il s’est dégagé un déficit global de 101,75 milliards de FC au 31 décembre 2025. Le déficit du Budget général a été couvert essentiellement par les ressources résultant des émissions de bons et obligations du Trésor ainsi que par les appuis budgétaires, conformément à l'engagement du Gouvernement de ne pas recourir au financement monétaire pour couvrir le déficit budgétaire », a-t-il dit dans son intervention reprise dans le compte rendu de la réunion.

Après en avoir exposé l’économie, poursuit le compte rendu de la réunion, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, a indiqué que l’exercice 2025 s’est déroulé dans un contexte critique, marqué notamment par l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’Est du pays, imposant une intensification des dépenses de défense. Selon l’argentier national, l’État a dû concilier ces impératifs régaliens avec la continuité des investissements sociaux prioritaires, tout en préservant les équilibres macroéconomiques.

L’adoption du projet de loi ouvre désormais la voie à sa transmission au bureau de l’Assemblée nationale, au début de la session budgétaire de septembre 2026, conformément aux exigences prévues par la législation en vigueur. La Loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques encadre la procédure de reddition des comptes. Sous la responsabilité du ministre en charge des Finances, le projet de loi portant reddition des comptes a pour objectif de présenter les résultats définitifs de l’exécution du budget de l’exercice concerné et de mettre en évidence les écarts éventuels entre les prévisions budgétaires et les réalisations effectives, en tenant compte, le cas échéant, des lois de finances rectificatives.

Ce texte est élaboré et présenté selon les mêmes règles et formes que la loi de finances correspondant à l’exercice budgétaire clôturé. La reddition des comptes permet ainsi d’arrêter définitivement le compte général du Pouvoir central et de clôturer le budget de l’exercice précédent. Elle établit notamment le niveau réel des recettes encaissées et des dépenses effectivement payées au titre de l’année concernée.

Le dispositif légal prévoit également la ratification, lorsque cela s’avère nécessaire, des crédits ouverts par ordonnance-loi du Président de la République. Il permet en outre d’approuver, au moyen de crédits complémentaires, les éventuels dépassements de crédits résultant de situations de force majeure. La loi procède par ailleurs à l’annulation des crédits non consommés, en prenant en compte les différences entre les crédits initialement ouverts et les dépenses effectivement exécutées au 31 décembre, ainsi que les crédits régulièrement reportés conformément aux dispositions des articles 53 et 93 de la loi relative aux finances publiques.

Enfin, la reddition des comptes établit le compte de résultats, qui permet de déterminer la situation financière définitive de l’exercice. Celui-ci fait notamment apparaître :

- le déficit ou l’excédent résultant de la différence entre les recettes et les dépenses du Budget général et des Budgets annexes ;

- les profits ou pertes enregistrés dans l’exécution des Comptes spéciaux ;

- les éventuels profits ou pertes issus de la gestion des opérations de trésorerie.

Les résultats définitifs ainsi établis sont ensuite inscrits au compte consolidé, lequel permet de retracer les soldes positifs ou négatifs dégagés au terme des différentes gestions budgétaires.

Clément MUAMBA