La République démocratique du Congo (RDC) prend part à une conférence internationale consacrée à la fiscalité et à la gestion des ressources naturelles du bassin du Congo, organisée du 14 au 18 septembre 2026 à la Paris School of Economics (PSE), en France.

L’Inspection générale des finances (IGF) figure parmi les institutions congolaises engagées dans ces travaux.

Organisée par la Paris School of Economics et le Centre d’Amitié Suisse-RDC, avec le soutien de One Forest Vision, cette rencontre réunit pendant cinq jours des universitaires, experts, décideurs publics, gestionnaires et professionnels autour des enjeux économiques et fiscaux liés à l’exploitation et à la gestion des ressources naturelles du bassin du Congo.

Les échanges portent notamment sur la fiscalité, la régulation du secteur minier, ainsi que la gestion durable des ressources forestières, minières, environnementales et hydrauliques.

L’objectif est de rapprocher la recherche académique de l’action publique et de favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques.

L’Inspection générale des finances participe à ces assises dans le cadre de sa transformation institutionnelle, notamment à travers son Plan stratégique triennal 2026-2028, axé sur le renforcement du contrôle systémique et la digitalisation des mécanismes de contrôle.

Sous la conduite de son chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, l’IGF doit intervenir ce mardi 15 septembre 2026 dans une table ronde consacrée à la question : « Quelles institutions pour quel développement économique ? »

L’institution congolaise est également attendue, le vendredi 18 septembre 2026, pour une présentation intitulée « L’Inspection générale des finances, une institution clé en transformation ». Elle participera ensuite à une table ronde consacrée à la problématique de l’évasion fiscale et des inégalités.

La participation congolaise ne se limite pas à l’IGF. La Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM) et l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) prennent également part aux travaux.

La première journée a été marquée par plusieurs interventions consacrées aux défis auxquels sont confrontés les pays disposant d’importantes ressources naturelles.

Dans son discours d’ouverture, Jean-Olivier Hairault, directeur à la Paris School of Economics, a souligné l’importance de ces assises pour améliorer la performance économique des pays producteurs et exportateurs de minerais et d’autres ressources naturelles stratégiques.

De son côté, Léo Czajka, de l’Observatoire international de la fiscalité, a abordé les objectifs et les contraintes auxquels sont confrontés les systèmes fiscaux.

Ninon Moreau Kastler, également de l’Observatoire international de la fiscalité, a pour sa part développé la question de la taxation et de la géopolitique des exportations de minerais critiques. Elle a notamment insisté sur la dimension internationale de ces enjeux, qui dépassent les seuls intérêts des pays producteurs. La gestion et la réglementation des ressources critiques doivent ainsi tenir compte des rapports de force géopolitiques et des intérêts des différentes parties prenantes, dans un contexte marqué par la montée du nationalisme économique autour des matières premières stratégiques.

La transformation numérique des administrations publiques a également figuré parmi les sujets abordés.

Philippe Widmer, de la Paris School of Economics, s’est intéressé à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les administrations publiques, notamment à travers l’évolution des pratiques internes et des modes de communication avec les citoyens.

Son intervention a mis en évidence le potentiel de l’intelligence artificielle pour améliorer le fonctionnement des administrations, tout en soulignant la nécessité d’un usage maîtrisé de ces technologies.

Dans le cadre des ateliers, John Musienge Mundioko, directeur des grandes entreprises à la Direction générale des impôts de la RDC, a présenté un état des lieux de la taxation dans le pays, en mettant en évidence les principales problématiques à partir des données disponibles.

Cette participation permet ainsi à la RDC de confronter son expérience en matière de mobilisation des recettes et de gouvernance des ressources naturelles aux analyses d’experts et aux expériences d’autres pays.

Au-delà des présentations, les organisateurs misent sur les ateliers et les tables rondes pour favoriser un dialogue entre chercheurs, administrations publiques et acteurs économiques. Les échanges doivent notamment contribuer à identifier des pratiques susceptibles d’améliorer les politiques fiscales et la gouvernance des ressources naturelles.

Pour la RDC, qui dispose d’importantes ressources minières et forestières, ces discussions revêtent un intérêt particulier alors que le pays cherche à renforcer la mobilisation de ses recettes publiques, améliorer la gouvernance de ses ressources naturelles et accroître les retombées économiques de leur exploitation.

Mitterrand MASAMUNA