La marche de la coalition de l’opposition C64 contre tout projet de changement de la Constitution se déroule ce mardi dans un contexte marqué par un important dispositif sécuritaire à Kinshasa et dans plusieurs villes de la RDC.

Des rassemblements ont eu lieu dans certaines villes, tandis que la mobilisation a été empêchée ou dispersée dans d’autres, selon le constat des reporters de Radio Okapi. 

Mobilisation à Kinshasa

À Kinshasa, la présence policière est renforcée à plusieurs endroits stratégiques de la capitale. Les activités se déroulent normalement dans plusieurs quartiers.

À l’Échangeur de Limete, plusieurs militants des partis de l’opposition se sont rassemblés, arborant leurs drapeaux et chantant. Le chef de la police de la ville-province de Kinshasa, Israël Bankulu Kantu, s’est rendu sur place pour s’enquérir de la situation et veiller au maintien de l’ordre.

À Bandalungwa, des partisans d’Ensemble pour la République marchent également. À 11h20, heure locale, ils se trouvaient au niveau du pont Makele et se dirigeaient vers le rond-point Moulaert, point de rassemblement prévu de la C64.

Des rassemblements empêchés à Matadi et Gemena

À Matadi, dans le Kongo-Central, des centaines de militants de la C64 se sont rassemblés à 10h25 au rond-point Simon Kimbangu, point de départ prévu de la marche.

Les militants discutaient avec les forces de l’ordre, qui les empêchaient de démarrer la manifestation. Ils prévoyaient de se rendre à l’Assemblée provinciale pour y déposer un mémorandum contre le projet de changement de la Constitution.

Les autorités provinciales avaient interdit cette marche.

À Gemena, dans le Sud-Ubangi, la marche n’a pas eu lieu. Elle avait été interdite par les autorités provinciales à la suite de la déclaration de l’épidémie de maladie à virus Ebola vendredi dernier.

Une vingtaine d’arrestations signalées à Lubumbashi

À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, la situation était calme dans la matinée. Les écoles et les commerces étaient ouverts.

Au Square Forrest, point de ralliement, quelques députés d’Ensemble pour la République et des militants se sont rassemblés avant d’être dispersés par la police. Ils envisageaient de se rendre à l’Assemblée provinciale pour y déposer un mémorandum, selon des sources.

Des sources sécuritaires font état d’une vingtaine de militants arrêtés lors de la manifestation. Ils accompagnaient le député Christian Mwando, selon les mêmes sources.

Le député Khiller Mubambe, d’Ensemble pour la République, également interpellé, a été relâché, toujours selon ces sources.

Les mêmes sources affirment qu’« aucun mort » n’a été enregistré lors de ces manifestations.

La marche dispersée à Kananga

À Kananga, au Kasaï-Central, un dispositif sécuritaire avait été déployé dès le matin au rond-point Notre-Dame, point de départ prévu de la marche interdite par la maire pour des raisons sécuritaires.

À 9h30, la marche a été dispersée par la police à coups de gaz lacrymogènes. Un cadre du parti Ensemble pour la République et plusieurs militants ont été arrêtés.

Ils se dirigeaient depuis le siège du parti Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund vers le rond-point Notre-Dame.

La C64 maintenait sa mobilisation, estimant que l’interdiction de la marche violait le droit de manifester garanti par la Constitution.

Pas de marche à Mbuji-Mayi et Kisangani

À Mbuji-Mayi, dans le Kasaï-Oriental, la marche de l’opposition n’a pas eu lieu.

À Kisangani, dans la Tshopo, les éléments de la police déployés tôt le matin sur les principales artères de la ville ont empêché les tentatives de rassemblement.

La marche a eu lieu à Bandundu

À Bandundu, dans la province du Kwilu, la marche de la C64 a eu lieu. Le bureau du parti ECIDé de Martin Fayulu a toutefois été barricadé par la police.

Les activités se sont néanmoins déroulées normalement, selon des sources locales.