Cent jours après la déclaration de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, les attaques contre les équipes engagées dans la riposte inquiètent fortement les organisations humanitaires. Douze volontaires de la Croix-Rouge ont été blessés dans 11 incidents violents, tandis que des ambulances et du matériel d’intervention ont été endommagés ou détruits.

La Croix-Rouge de la RDC, la Croix-Rouge de l’Ouganda, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dénoncent ces violences qui affectent directement les opérations de réponse à l’épidémie.

Selon leur déclaration commune, 12 volontaires ont été blessés depuis le début de l’épidémie, tandis que plusieurs ambulances ont été endommagées, dont une incendiée. Du matériel destiné aux interventions d’urgence a également été détruit au cours de 11 incidents violents enregistrés en l’espace de 100 jours.

Ces attaques interviennent alors que les volontaires de la Croix-Rouge jouent un rôle important dans les opérations de riposte, notamment dans les activités communautaires et l’assistance aux populations touchées par l’épidémie.

Pour les quatre organisations, les violences contre les volontaires et les travailleurs humanitaires sont inacceptables. Elles estiment que la protection du personnel et des activités humanitaires constitue une condition indispensable pour permettre aux communautés affectées par Ebola et par d’autres crises de continuer à recevoir les services dont elles ont besoin.

La situation est particulièrement préoccupante dans les zones où la méfiance, les rumeurs et les tensions communautaires compliquent déjà les interventions sanitaires.

La destruction des ambulances et du matériel de secours risque notamment de ralentir l'évacuation et la prise en charge des personnes malades, alors que la rapidité de l’intervention demeure déterminante dans la lutte contre Ebola.

Les organisations signataires appellent ainsi les communautés, les responsables locaux et l’ensemble des acteurs concernés à soutenir, respecter et protéger l’action humanitaire.

Elles rappellent que les volontaires et les travailleurs humanitaires interviennent pour apporter une assistance aux populations, sans distinction, et que toute attaque contre eux compromet directement l’accès des communautés aux soins et aux services essentiels.

Dans un contexte où la riposte contre Ebola nécessite une forte implication communautaire, la Croix-Rouge de la RDC, la Croix-Rouge de l’Ouganda, la FICR et le CICR plaident pour un environnement permettant aux équipes d’accomplir leur mission en toute sécurité.

La protection des volontaires et des équipes humanitaires apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour maintenir la réponse à l’épidémie et éviter que les violences ne viennent davantage fragiliser les communautés déjà éprouvées par la crise sanitaire et sécuritaire.