Des centaines d’hectares de reboisements et de bananeraies ont été détruits au cours des deux derniers mois sur plusieurs axes autour du chef-lieu du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, alerte la société civile locale il y a quelques jours. Elle craint des conséquences sur l’environnement et l’approvisionnement alimentaire des populations.

Dans une déclaration publiée mardi dernier, cette structure attribue ces destructions aux groupes armés présents dans la région. Elle affirme que des habitants sont notamment contraints de participer à l’abattage de leurs propres cultures dans le cadre de travaux présentés comme des activités de « salongo » pour des raisons d’ordre militaire.

Selon Telesphore Mitondeke, rapporteur général de la société civile, les destructions concernent notamment les axes Loashi-Bukombo-Nyabiondo, Loashi-Ngesha-Burora-Kaandja et Loashi-Lushebere-Hembe-Kahanga.

« La destruction à grande échelle des bananeraies et l’abattage des arbres […] constituent une atteinte grave à l’environnement et aux moyens de subsistance des populations », dénonce-t-il.

La société civile estime que ces pratiques pourraient également accroître les risques liés au changement climatique et aux glissements de terrain.

Un risque pour l’approvisionnement de Goma

Cette structure redoute également des conséquences sur la sécurité alimentaire, à court et à long terme. Elle souligne que la ville de Goma est notamment approvisionnée en bananes plantains et en bois en provenance du territoire de Masisi.

La société civile appelle ainsi à l’arrêt de ces pratiques et demande aux autorités compétentes d’intervenir en faveur des populations affectées.

Depuis plusieurs semaines, les secteurs d’Osso-Banyungu et de Katoyi, dans le territoire de Masisi, sont le théâtre d’affrontements entre l’AFC-M23 et des groupes armés Wazalendo.