
Le Centre de recherche et d’études évaluatives de l’Université de Kinshasa (CREEUK) relève plusieurs vulnérabilités techniques et d’aménagement sur le chantier de la Rocade à Kinshasa. Dans un rapport présenté jeudi 10 septembre, les experts estiment que certaines caractéristiques de l’ouvrage pourraient affecter sa durabilité.
Les travaux de cette route de 73 kilomètres reliant Mbudi à l’aéroport international de Ndjili sont réalisés à plus de 50 %. Le coût du projet est évalué à plus de 395 millions de dollars.
Des canalisations jugées sous-dimensionnées
Le rapport relève notamment des insuffisances concernant les canalisations d’eau et la couche d’asphalte utilisée sur certains tronçons. Le CREEUK recommande un réajustement des normes techniques en fonction des caractéristiques géologiques et hydrologiques des zones traversées.
La coordonnatrice adjointe du centre, Mamitsho Mazono, insiste notamment sur la capacité des caniveaux :
« À court terme, il faut redimensionner la capacité des caniveaux parce que la rocade traverse beaucoup de zones à géotechnique et hydrogéologie diverses. »
Selon elle, ces adaptations sont nécessaires pour garantir la durabilité de l’infrastructure.
Des bretelles pour relier la Rocade au réseau existant
Le CREEUK relève également que la Rocade reste insuffisamment connectée au réseau routier existant. Selon le rapport, cette situation limite sa capacité à désenclaver certains quartiers périphériques de Kinshasa.
Mamitsho Mazono estime que l’évolution démographique de la capitale doit être prise en compte dans la planification des infrastructures.
« Des espaces géographiques périphériques où la route n'est pas connectée seront toujours enclavés », a-t-elle souligné.
Le centre recommande également la construction de voies de liaison entre la Rocade et les voiries existantes afin d’améliorer la desserte des quartiers périphériques et de mieux intégrer cet axe au réseau routier de Kinshasa.