Pendant que Kinshasa demeure catégorique dans son refus d’associer Joseph Kabila et de Corneille Naanga au dialogue national inclusif annoncé par le chef de l’Etat, l’opposant Martin Fayulu, lui, s’évertue à démontrer l’importance de la participation, à ces assises, de l’ancien président de la République et de l’ancien président de la Commission Électorale Indépendante (CENI).
Depuis Paris, en France, où il séjourne depuis ce weekend, le leader de la coalition Lamuka a souligné l’impérieuse nécessité de la participation de Joseph Kabila au dialogue annoncé, estimant que son statut d’ancien chef d’Etat le place comme partie prenante. Accusé d’être le fer de lance de l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda, l’opposant estime que la participation de Kabila au dialogue permettrait d’avancer les raisons de sa rébellion contre le pays, étant condamné à mort par la justice militaire congolaise.
« Ils sont parties prenantes du dialogue. Kabila a dirigé ce pays. Son statut ou son titre, mais il est là. Ils ont dit que c’est lui qui arme et finance l’AFC/M23, mais il doit venir nous dire pourquoi il le fait, quel est le problème », soutient-il.
Autant pour Kabila, Martin Fayulu insiste sur la présence de Corneille Naanga qui, d’après lui, devrait s’expliquer au sujet de sa décision de sa lutte armée, après plusieurs années à la tête de la commission électorale nationale indépendante (CENI), qu’il a quittée en octobre 2021.
« Naanga était le président de la commission électorale nationale indépendante, c’est lui qui a proclamé Tshisekedi comme gagnant, alors que Tshisekedi n’avait pas gagné. Il est là, il a pris les armes contre le pays. Il tue ou il fait tuer ses frères et sœurs, ses semblables qui ont le sang humain comme lui… il faut qu’il vienne dire pourquoi il a fait ça. Comme on dit les linges sales se lavent en famille », déclare le leader de la C64.
Enfin, Martin Fayulu a proposé que le futur dialogue national inclusif soit axé sur la vérité, la justice, la réconciliation et sur la cohésion nationale.
24 heures après que l’opposition (C64) ait annoncé la relance de ses activités des suites à l’expiration de l’ultimatum qu’elle avait donné au président de la République d’organiser ledit dialogue, Félix Tshisekedi a annoncé ce dimanche qu’il s’adressera prochainement à la nation pour préciser les contours du dialogue national inclus Le chef de l’État a fait cette annonce à Libreville, au Gabon, lors d’un échange avec des membres de la diaspora congolaise, selon la présidence congolaise.
« Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a déclaré M. Tshisekedi, sans préciser, dans la communication de la présidence, la date de son adresse à la Nation ni les modalités du dialogue envisagé.
La coalition article C64 pour la défense de l’ordre constitutionnel a, pour sa part, annoncé une nouvelle marche pacifique ce 15 septembre sur tout le pays afin de protester contre le projet de changement de constitution. A Kinshasa, cette mobilisation aura pour point de chute le palais du peuple, où les élus signeront leur rentrée parlementaire de septembre.
Samyr LUKOMBO