En République démocratique du Congo, les choses semblent s’éclaircir petit à petit autour de l’initiative du dialogue national annoncée à l’issue de la rencontre entre le chef de l’État, Félix Tshisekedi, et les responsables des confessions religieuses.

Près d’un mois après sa rencontre avec les responsables religieux, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a annoncé qu’il prendra prochainement la parole devant la Nation afin d’apporter des précisions sur les contours de cette initiative de dialogue national. Cette annonce intervient alors que l’opposition a décidé de reprendre sa mobilisation autour du respect de la Constitution, après l’expiration, le 15 août 2026, de son ultimatum exigeant des avancées concrètes dans la mise en place de ce processus.

En séjour à Libreville, au Gabon, le chef de l’État Félix Tshisekedi a fait cette déclaration dimanche 16 août 2026, lors d’un échange avec des membres de la diaspora congolaise, rapporte la cellule de communication de la présidence de la République. Il a assuré qu’il présenterait prochainement les grandes orientations ainsi que les objectifs de ce dialogue.

« Dans les jours qui viennent normalement, je vais m’adresser au peuple congolais pour expliquer les tenants et les aboutissants. Et d’ores et déjà, je peux vous dire que ce dialogue ne ressemblera en rien à tous ceux qu’il y a eu comme dialogue dans notre pays », a déclaré le président Félix Tshisekedi.

Poursuivant son intervention, Félix Tshisekedi a estimé que, pour permettre à un pays comme la RDC de se développer et d’être bien dirigé, la cohésion nationale demeure indispensable. Il considère ainsi le dialogue comme une opportunité de parvenir à cette cohésion.

« Pour développer un pays comme le Congo, il faut qu’il y ait une cohésion nationale. On ne peut pas diriger ce pays dans la division, on ne peut le diriger que dans la cohésion. Et donc, j’avais tendu les bras à tous ceux qui voulaient venir comme compatriotes pour le dialogue, une autre occasion que nous offrons pour provoquer cette cohésion nationale. Voilà pourquoi il y a ce dialogue », a affirmé Tshisekedi.

Cette annonce intervient au lendemain de l’échéance du 15 août que s’était fixée la Coalition Article 64 (C64), regroupant plusieurs figures de l’opposition, pour évaluer les avancées enregistrées depuis l’ouverture d’une séquence de discussions avec les Églises catholique et protestante. Le 17 juillet, Félix Tshisekedi avait rencontré des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), engagés dans une démarche en faveur d’un dialogue entre Congolais.

À la suite de ces consultations, la C64 avait reporté une marche prévue le 22 juillet et décidé d’attendre jusqu’au 15 août afin d’évaluer les actes posés par les autorités. Plusieurs mesures ont depuis été présentées ou perçues comme des signes de décrispation, notamment la restitution de passeports à certains opposants ainsi que la demande de Félix Tshisekedi d’une nouvelle délibération parlementaire du texte fixant les conditions d’organisation du référendum.

Mais, réunie samedi, la C64 a jugé ces avancées insuffisantes. Elle considère notamment que le renvoi du texte référendaire au Parlement ne constitue ni son retrait ni une renonciation formelle à un éventuel projet de changement de Constitution. La coalition a donc annoncé la reprise de ses actions de mobilisation ainsi que l’organisation d’une marche pacifique nationale le 15 septembre. À Kinshasa, les manifestants devraient converger vers le Palais du Peuple.

Le gouvernement, par l’intermédiaire de son porte-parole, Patrick Muyaya, avait toutefois rejeté dès la fin juillet l’idée que l’échéance du 15 août puisse s’imposer au chef de l’État. Selon lui, le président de la République agit en fonction des intérêts du pays et ne saurait être soumis aux ultimatums des acteurs politiques.

Clément MUAMBA