Le Ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Samuel Kamba, a écarté, le mardi 18 août 2026, l’hypothèse d’un cas d’Ebola dans la commune de Lemba, à Kinshasa.
Intervenant lors d’un briefing spécial consacré à l’évolution de l’épidémie, il a assuré que le cas ayant alimenté les rumeurs dans la capitale avait été testé négatif.
« Il n’y a pas de cas d’Ebola à Kinshasa », a-t-il insisté, affirmant que les autorités sanitaires avaient fait le choix d’une transparence totale dans la communication autour de l’épidémie.
Selon ses explications, la personne décédée à Lemba ne provenait pas d’une zone touchée par Ebola, elle n’avait pas été en contact avec un malade connu et n’avait pas présenté de fièvre. Les analyses effectuées ont conclu à un résultat négatif au virus Ebola.
Le Ministre a plutôt évoqué une déshydratation sévère liée à la diarrhée et considère le choléra comme une cause probable du décès. Il a notamment indiqué qu’un membre de la famille avait lui aussi présenté des symptômes diarrhéiques.
Pour Roger Kamba, un cas confirmé d’Ebola serait difficile à dissimuler en raison du dispositif particulier qu’impose sa prise en charge : isolement du malade, équipements de protection pour le personnel soignant, identification des contacts et surveillance de l’entourage.
« S’il y avait un cas d’Ebola à Kinshasa, nous passerions à la télévision pour vous en informer », a-t-il déclaré.
Plus de 5.000 cas et une létalité proche de 47 %
Cette mise au point intervient alors que la RDC fait face depuis trois mois à une épidémie provoquée par le virus Ebola Bundibugyo.
Selon les chiffres présentés par le Ministre, le pays compte un peu plus de 5.000 cas confirmés et plus de 2.300 décès, soit un taux de létalité d’environ 47 %. Ce qui revient à dire, près d’une personne contaminée sur deux est décédée.
L’Ituri reste le principal foyer de l’épidémie, avec entre 85 et 90 % des cas recensés. Des contaminations ont également été confirmées dans le Nord-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.
Au total, environ 55 zones de santé ont enregistré au moins un cas. Mais le ministère précise qu’à une échelle plus fine, environ 8 % des aires de santé de la région concernée sont effectivement touchées.
Bundibugyo et Zaïre, deux profils différents
Le Ministre a également insisté sur une différence importante entre le virus Bundibugyo actuellement en circulation et le virus Ebola Zaïre, beaucoup mieux connu en RDC.
Selon lui, Bundibugyo semble se diffuser plus rapidement, notamment parce que ses premiers symptômes peuvent ressembler à ceux de maladies plus courantes : maux de tête, fièvre, douleurs abdominales, diarrhée ou vomissements.
Les signes hémorragiques apparaissent chez moins de 10 % des malades, ce qui peut retarder la consultation et maintenir plus longtemps les personnes infectées dans la communauté.
À l’inverse, Ebola Zaïre est associé à des formes historiquement plus létales.
Roger Kamba a évoqué des taux de mortalité pouvant atteindre 60 à 80 %, contre environ 47 % pour la flambée actuelle de Bundibugyo.
Cette différence contribue, selon le Ministre, à expliquer un paradoxe : le virus actuel paraît moins létal que Zaïre, mais il peut circuler plus discrètement avant que les malades ne rejoignent les structures de soins.
La riposte associe désormais surveillance épidémiologique, prévention, traitements expérimentaux ou compassionnels et vaccination du personnel exposé.
Mais pour Kinshasa, le message officiel reste inchangé : aucun cas d’Ebola n’est confirmé dans la capitale et le cas signalé à Lemba a été testé négatif.
Flory MUSISWA