Après plus d’une année d’attente et d’incertitude, les familles de quatre agents humanitaires disparus en Ituri ont enfin retrouvé les dépouilles de leurs proches. Les corps ont été exhumés à Iga Barrière par les services de sécurité, avec l’appui de la justice et de la population locale, ont indiqué des sources humanitaires jeudi 10 septembre.

Ces agents convoyaient plus d’1,5 million USD destinés à l’assistance des personnes déplacées. La COPEC Le Palmier-Beni, dont étaient membres les victimes, salue cette avancée, réclame que justice soit rendue et appelle à faire de l’Ituri une province de paix.

Une disparition survenue lors d’une mission humanitaire

Plus d’un an après leur disparition, les familles peuvent enfin entamer leur processus de deuil. Les quatre agents de la COPEC avaient disparu le 19 juillet 2025 sur l’axe Fataki-Iga Barrière, dans le territoire de Djugu, alors qu’ils effectuaient une mission humanitaire.

Ils se rendaient de Mahagi à Nyakunde, dans le territoire d’Irumu, afin d’apporter une assistance aux déplacés ainsi qu’aux personnes vulnérables.

Leurs corps ont été retrouvés puis exhumés le 23 août 2026 par les services de sécurité, avec le concours de la population locale. Une opération saluée par la COPEC, qui remercie les autorités pour leur professionnalisme.

Un acte jugé inacceptable

Malgré le soulagement suscité par cette avancée, l’émotion et l’indignation demeurent vives au sein de la communauté. Pour le responsable de la communauté Yira, Ezechiel Mufalme, il est inconcevable que des agents engagés dans une mission humanitaire aient été pris pour cible.

« C'est la vie humaine. La mission dans laquelle ils étaient, c'était une mission humanitaire. Ils allaient pour assister les vulnérables. Ils quittaient Mahagi pour aller à Nyakunde, assister les déplacés et même les vulnérables, les personnes de troisième âge et d'autres personnes. C'est dommage, dans une mission humanitaire comme celle-là, de trouver les gens qui peuvent mourir comme des mouches. Je pense qu'il faudrait que l'Ituri soit une province de paix pour que chacun vaque librement à ses activités ».

La COPEC réclame justice

Au-delà de la découverte des dépouilles, la COPEC insiste sur la nécessité que toute la lumière soit faite sur ce drame. La coopérative estime que la justice et le renforcement de la sécurité sont indispensables pour prévenir de nouveaux actes de violence contre les acteurs humanitaires.

Elle appelle également les autorités et l’ensemble des communautés à œuvrer pour le retour durable de la paix en Ituri, afin de permettre aux populations et aux humanitaires d’exercer leurs activités en toute sécurité.