À quarante-huit heures de la manifestation de l’opposition prévue ce mardi 15 septembre à Kinshasa, visant notamment à réclamer le rejet de la loi sur le référendum et du projet de changement constitutionnel, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) appelle à l’exercice pacifique du droit de manifestation et au respect des uns et des autres. Elle rappelle que cette liberté constitue un droit fondamental garanti par la Constitution.
S’appuyant sur les articles 25 et 26 de la Constitution de 2006, qui garantissent les libertés de réunion et de manifestation en RDC, la CNDH a, dans un communiqué, interpellé les pouvoirs publics sur leur responsabilité première : « prévenir plutôt que réprimer ». L’institution d’appui à la démocratie rappelle également aux autorités leur responsabilité d’assurer la protection de l’ordre public ainsi que la sécurisation des personnes et des biens.
La Commission nationale des droits de l’homme invite, à cet effet, le ministre de l’Intérieur et Sécurité, le gouverneur de la ville de Kinshasa ainsi que la Police nationale congolaise à prendre toutes les mesures préventives nécessaires. Il s’agit notamment d’assurer un dialogue permanent avec les organisateurs, de sécuriser les itinéraires et lieux concernés et de prévenir l’introduction d’armes ou d’objets dangereux dans la manifestation.
Par ailleurs, la CNDH appelle ces autorités à protéger aussi bien les manifestants que les personnes qui ne participeront pas à l’initiative de la C64, ainsi qu’à prévenir les actes de provocation, d’infiltration et de violence.
« Donner des instructions claires aux éléments chargés de l'encadrement de la manifestation quant au respect des droits humains et aux principes de nécessité, de proportionnalité et de responsabilité dans l'usage de la force », peut-on lire dans ce communiqué officiel.
La manifestation de la C64 coïncidera avec l’ouverture de la session ordinaire de septembre, consacrée notamment à l’examen du budget de l’année prochaine. Le député national Augustin Kabuya craint que la concomitance de ces deux événements ne dégénère et n’occasionne des escarmouches entre les députés nationaux et les manifestants.
Il avait, à cet effet, demandé le décalage en soirée de la cérémonie solennelle de la rentrée parlementaire, afin notamment de préserver la dignité de ses collègues et d’éviter de perturber davantage les conditions de circulation dans la ville de Kinshasa. Sa proposition n’a toutefois pas reçu une suite favorable du bureau de l’Assemblée nationale, qui a fixé la cérémonie à 13 heures, dans la salle des Congrès du Palais du peuple.
Cette thèse a également été rejetée par Franklin Tshamala, secrétaire général du parti Leadership et gouvernance pour le développement (LGD), formation de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo. Il écarte l’idée d’une confrontation autour d’une démarche qu’il considère comme une « expression démocratique pacifique ».
Pour Franklin Tshamala, qui s’était confié à ACTUALITE.CD, cette mobilisation constituera avant tout une occasion pour la C64 de transmettre « un message politique précis » aux députés nationaux, qu’il estime « en désharmonie totale avec le peuple ».
Samyr LUKOMBO